Réveil à 7h. Le petit déjeuner et le chargement sont vite
expédiés. Nous ne voulons pas renouveler le retard d'hier et la
renverse est à midi. La météo a renouvelé son avis de vent
fort. Heureusement, le beau temps est encore là.
Nous quittons la plage à 8h45 en direction de l'autre rive. Les
conditions ont l'air propices pour une traversée maintenant. Peu de
vagues ou d'écume visibles. Le vent du Nord-Ouest n'est pas trop fort
pour l'instant. Dès notre sortie de la baie, nous entrons dans le
courant principal qui descend à deux ou trois noeuds vers le
Saint-Laurent. Le paysage se met à défiler rapidement. Nous devons
progresser en travers des vagues pour avancer vers l'autre
rive. Quelques zones de vagues serrées inquiètent Anouk qui redoute
cette traversée. Aucun bateau ne vient perturber notre allure et nous
arrivons trente minutes après à l'abri derrière la Pointe à
Passe-Pierre. On souffle un peu en découvrant un autre site de camping
rustique qu'un sentier relie à Tadoussac.
On repart en longeant la rive gauche et en évitant les zones de ressac
le long des rochers. Les contre-courants se manifestent en levant des
vagues courtes que nous avons maintenant appris à contourner.
Après le Cap à la Boule, nous entrons dans l'Anse à la Boule car
Magali manifeste le besoin d'un arrêt. En longeant les falaises, un
vison apparaît soudain sur les rochers. Nous restons quelques instants
pour l'observer. Il a l'air un peu paniqué de nous voir si près.
Le fond de l'anse est occupé par un petit bateau au mouillage qui a
tendu des aussières de tout cotés pour se prémunir des rafales de
vent. Magali et Vincent parviennent à débarquer sur des rochers
glissants pour une courte pause. Le reste de l'équipe reste à
flot.
La sortie de l'anse est un peu délicate en raison d'un contre-courant
qui agite toute la partie est. Nous devons revenir vers le milieu du
fjord avant de reprendre notre marche vers l'est. Après avoir retrouvé
le tapis roulant du fleuve, l'avance reprend rapidement vers la
mer. Nous doublons quelques pointes puis croisons l'axe du traversier
de Tadoussac. L'arrivée n'est plus loin désormais. La Pointe de l'Ilet
bouillonne légèrement. Il faut faire un petit détour pour retrouver
les eaux calmes de la baie de Tadoussac que nous traversons en
direction de la Pointe Rouge. A 11h, nous sommes posés sur la plage,
un peu surpris d'être déjà arrivés.
Nous remontons les bateaux puis commençons un pique-nique sur des
troncs d'arbre. Après le pastis, Magali se met à clamer qu'elle a vu
une baleine. L'endroit est en effet réputé pour la présence de cétacés
à cette période de l'année. Nous doutons dans un premier temps de son
observation puis remarquons bientôt d'autres apparitions furtives de
dos blancs et noirs à quelques dizaines de mètres du
bord. L'identification n'est pas certaine. Les bélougas n'ont pas de
nageoires dorsales comme celles que nous voyons. Il semblerait que
nous ayons affaire à des petits rorquals sous réserve de
confirmation.
Comme la marée monte, les apparitions de baleines s'estompent. Le
soleil incite à la sieste. Nous partons explorer les rochers de la
Pointe Rouge parcourus de filons colorés. Vincent tombe nez à nez avec
une belle couleuvre orange et grise qui se défile lentement à l'abri
des buissons. Une fois sur la pointe, nous dominons le confluent du
Saguenay et du Saint-Laurent. Au loin, nous devinons des zones de
remous dans le chenal ainsi que des cargos mais aucun cétacé. Les
bateaux et zodiacs pour touristes en attente de voir des baleines font
un trafic ininterrompu.
Je repars en kayak avec Vincent pour un dernier petit tour. Nous
contournons la Pointe Rouge et avançons sur les batures de la Pointe
aux Vaches. Quelques canards et goélands nous guettent. La rive nord
du Saint-Laurent nous invite à continuer mais nous rentrons à la
plage.
Apparemment, la sieste n'est pas encore terminée pour tout le
monde. Le temps d'embarquer les retardataires, Patrick se fait piquer
par une guêpe. Nous ne savons pas comment il va réagir et lui
conseillons de ne pas trop se fatiguer. Anouk doit maintenant assurer
seule la propulsion du biplace pour traverser la baie...
A l'issue de ce court trajet, nous passons Vincent et moi faire un
tour dans le port où stationnent 2 bateaux imposants des gardes-côtes
avant de rejoindre la plage au pied de la cale en béton pour le
dernier débarquement.
Les bateaux sont vidés complètement puis remontés. Nous trions le
matériel et retrouvons certains articles ayant séjourné dans les
pointes des kayaks. Le temps d'un café et le loueur est là avec sa
remorque. Une difficile marche arrière l'amène à proximité des bateaux
que nous chargeons immédiatement. Puis vient l'inventaire du matériel
et le chargement de nos effets personnels dans la camionnette. Nous
quittons les lieux à 16h30 pour rentrer au Cap Jaseux. Route sans
histoire malgré une Buick roulant un peu trop lentement au goût du
chauffeur.
De retour au camping, Patrick passe au pavillon d'accueil pour payer
les nuitées tandis que nous allons directement à la plage pour
décharger. Une fois les tentes montées, douche pour tous sauf Vincent
qui préfère un dernier bain glacial dans le fleuve. Notre chauffeur de
navette est allé directement à bord de son voilier au mouillage devant
la plage. Il part dans la foulée en compagnie d'un autre voilier pour
passer la soirée dans quelque baie tranquille.
Nous nous retrouvons à 19h30 pour partir à Chicoutimi à la recherche
d'un restaurant. Les critères étant exigeants, nous finissons par
arriver au centre-ville dans le bar Titanic, restaurant ayant pour
thème le film du même nom. Repas de poisson ou viande suivant les
goûts puis retour au camping et dernière discussion autour du feu.