|
|
|
Premier condor
Ushuaia, 11h - Après une traversée pédestre complète des faubourgs ouest de la ville, nous commençons à voir un peu de nature. Le but du jour est le Paso del Caminante, un col au fond d'une vallée sauvage à remonter. La marche d'approche quitte la route de Lapataia pour s'engager dans des pentes herbeuses dominant le canal Beagle et l'île Navarino en face. Depuis peu, des oiseaux commencent à se montrer, des sortes de vanneaux noir-blanc-gris au cri d'alarme un peu stupide. Puis nous assistons à une rixe entre 3 rapaces. L'un d'eux est visiblement beaucoup plus gros. Un coup de jumelles confirme les soupçons: c'est un condor.
Castors inondeurs
Arroyo de la Oveja, 13h - Le sentier initial bien marqué s'est un peu perdu dans la végétation confuse. Les hêtres de Magellan (lenga) ont colonisé les pentes et les rives du torrent que nous venons de passer à gué. Aucune intervention humaine ici à part l'entretien de la trace. Les troncs morts et tordus sont enchevêtrés et recouverts de mousse. Impression de forêt vierge. Plus haut, un impressionnant monticule de bois barre la vallée. Les castors ne font pas les choses à moitié par ici. Après quelques minutes d'attente, nous voyons enfin le propriétaire des lieux inspecter la digue puis plonger d'un mouvement de queue. Les arbres aux alentours ont été coupés à 20 cm de leur base. Seules subsistent les souches ainsi qu'un moignon de tronc.
Acrobatie sur tronc d'arbre
Arroyo de la Oveja, 16h - Après quelques tâtonnements sans issue sur la rive droite, il faut se résoudre à traverser le torrent pour rejoindre des pentes plus faciles. Un tronc en travers va nous éviter un passage à gué un peu frisquet. Youx se lance en dernier dans la traversée à califourchon sur un tronc puis, soudain, bascule entraîné par son sac. Heureusement, il se rattrape à temps pour éviter le bain complet. Plus de peur que de mal.
Un col perdu
Arroyo de la Oveja, 18h - Le col est enfin atteint. C'est pas trop tôt. On n'en voyait pas le bout, caché par les pentes successives. Mila peut souffler un peu maintenant. La végétation a ici complètement disparue. Seul un désert de schistes brisés nous entoure. Le cirque terminal de la vallée se redresse sur des barres rocheuses surmontées de névés qui laissent échapper des cascades. Un condor plane vers une arête ourlée de corniches. La seule trace humaine est un cairn imposant. Nous plongeons rapidement vers les névés de l'autre versant à la recherche d'un emplacement de camping sympatique.
Près de la cascade
Lago del Caminante, 20h - Le jour dure encore quelques heures. Les tentes posées à l'abri des lengas, nous avalons une soupe et un riz cantonnais avant d'aller faire un tour vers le haut. En face, le Cordón Vinciguerra éclairé par le soleil couchant. Les lacs prennent des couleurs chaudes. Silence impressionnant. Pas l'ombre d'une trace humaine dans le paysage Près des tentes, la belle cascade que nous cotoyons ne devrait pas trop nous empêcher de dormir. La journée a été plus longue que prévue avec le passage du col mais c'est autant de gagné pour demain. C'est encore trop tôt pour voir quelques étoiles. Ce sera pour plus tard. Le feu essaie de faire sécher les affaires humides. Nous sommes tous fatigués par cette première journée et le changement de rythme.
Le mot du jour
el arroyo: le ruisseau
Météo
Ushuaia: 12 à 15°, vent et soleil
|