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Symi
L'île, dans la mythologie la patrie des trois Grâces, était déjà
habitée à l'époque préhistorique. Sous la conduite de son roi mythique
Niréus, elle prit part à la guerre de Troie. Ayant adhéré, à l'époque
dorienne, à la confédération de l'Hexapole, elle demeura, pendant
toute l'Antiquité,
sous la dépendance de Rhodes.
Plus tard, elle fut successivement occupée par les Romains, les
Byzantins et finalement les chevaliers de Saint-Jean. Ceux-ci
équipèrent leur flotte des bateaux à voile fabriqués à Symi parce
qu'ils étaient réputés pour leur rapidité ! La construction de bateaux
et le commerce valurent à l'île une certaine prospérité qui persista à
l'époque turque, Symi ayant évité une conquête par la force en
acceptant de payer un tribut sous la forme d'éponges.
En vertu de cet accord, elle bénéficia de
divers privilèges: elle obtint notamment le statut de port franc et le
droit pour ses pêcheurs d'éponges de travailler librement dans les
eaux turques. Les Turcs achetaient aussi régulièrement les rapides
voiliers construits à Symi, Si bien que la petite île aride devint la
plus importante du Dodécanèse après Rhodes et Cos.
Elle se couvrit de somptueuses maisons et nombre de ses habitants
achetèrent des terrains en Asie Mineure. Si sa participation à la
révolution de 1821 lui coûta certains de ses privilèges, Symi n'en
continua pas moins de prospérer, comme en témoignent les grands
édifices néo-classiques qui confèrent au chef-lieu son caractère
particulier. Le déclin de l'île ne s'amorça qu'avec l'apparition de la
navigation à vapeur, qui fit diminuer la demande pour les voiliers de
bois, et avec l'occupation italienne, qui ferma aux insulaires l'accès
à leurs propriétés d'Asie Mineure. Symi fit à nouveau parler d'elle le
8 mai 1945: c'est sur son sol en effet que fut signé le rattachement
du Dodécanèse à la Grèce.
Symi est une île très paisible, dont la plupart des
rues sont des escaliers. Le bateau de Rhodes amène chaque jour une
fournée de touristes mais ceux-ci repartent en général le soir même.
Le chef-lieu de l'île, Symi, se compose de Gialós, autour du port, et
de Chorió, sur la colline. L'infrastructure touristique est
principalement concentrée à Gialós où se trouve aussi l'un des
derniers chantiers navals de l'île. Une tour de l'horloge (1884) se
dresse sur le coté nord du port, où arrivent les ferries. La plupart
des maisons de Gialós, caractérisées par des façades à fronton, datent
du XIXe siècle et sont parfois restées inhabitées pendant plusieurs
décennies. Mais aujourd'hui elles sont progressivement restaurées,
notamment par des insulaires expatriés qui souhaitent posséder dans
leur île d'origine une résidence secondaire.
Plus anciennes encore sont les maisons de Chorió, où
l'on monte depuis le port par une route non asphaltée et un escalier
(qui part de la Platia tis Skala) bordés par des édifices
néo-classiques. Chorió est un dédale de ruelles. Avec leur
architecture asymétrique, les maisons de Chorió rappellent celles des
Cyclades, mais leurs portes et leurs
fenêtres sont souvent ornées d'éléments décoratifs néo-classiques et
les intérieurs conservent des belles boiseries sculptées.
Parmi les bâtiments les plus
intéressants de Chorió, mentionnons la pharmacie du XIXe siècle, la
maison fortifiée de Chatziagapitos, les églises, décorées de mosaïques
de galets, et surtout le Kastro, construit avec des blocs antiques. Il
renferme la plus belle église du village, la Mégala Panaghia, ornée de
belles fresques et d'icônes.
Après Gialós et Chorió, l'endroit le plus visité de l'île est le
couvent du taxiarche Michael Panormitis, le saint patron de l'île,
mais aussi le protecteur de tous les marins grecs. Le bateau de Rhodes
fait escale à Panormitis; et, de Gialós, on peut s'y rendre en une
petite heure de caïque. Construit au début du XVIIIe siècle, le
couvent renferme une très belle iconostase de bois sculpté, plusieurs
fresques et diverses offrandes faites par des marins, parmi lesquelles
des bateaux d'or et d'argent.
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