Patmos - Sur les pas de saint Jean
Habitée dès le XIVe siècle av.J.-C., Patmos resta par la suite
largement soumise à l'influence de l'Asie Mineure. En 95 ap. J.-C.,
saint Jean d'Ephèse, que la tradition assimile au disciple bien-aimé
de Jésus, fut exilé à Patmos par l'empereur Domitien. Il écrivit dans
l'île son Apocalypse, après avoir converti les habitants au
christianisme. A partir du VIIe siècle, Patmos resta inhabitée
jusqu'au jour de l'an 1088 où l'empereur de Byzance en fit don au
pieux Christodule. Celui-ci édifia sur les fondations d'un antique
temple d'Artémîs et d'une basilique le monastère Saint-Jean.
En dépit des nombreuses razzias de pirates et de la famine endémique, les
moines parvinrent à sauvegarder l'indépendance de l'île, même lorsque
celle-ci passa nominalement sous l'autorité des ducs vénitiens de
Naxos. Au XIIIe siècle, un village se développa autour du couvent
dont les murs protecteurs servaient de refuge à la population des
alentours en cas de danger. Entre le XVIe et le XIXe siècle, Patmos
connut une certaine prospérité; son école d'art et de théologie acquit
une grande renommée. Mais Si l'essor du commerce maritime profita
largement aux marchands installés dans l'île, le couvent, lui,
perdit peu à peu de son influence. En 1720, les biens séculiers furent
finalement séparés des possessions du couvent et, par la suite, les
commerçants de Patmos fondèrent de nombreuses succursales sur d'autres
îles. L'apparition des bateaux à vapeur marqua le déclin de Patmos en
tant que centre d'échanges maritimes.
Cette île très découpée est formée d'une pierre volcanique très
ancienne. Une partie de son eau douce provient de l'usine de
dessalement de Skala, qui se targue d'être l'une des plus grandes du
monde. Patmos possède un grand nombre de merveilleuses criques et
plages, dont la plupart sont toutefois d'un accès difficile (depuis
Skala, presque uniquement en bateau à moteur). Si Patmos a connu un
fort développement touristique au cours des dernières années, la foule
n'y est pas encore gênante et l'île offre encore de très nombreux
endroits tranquilles.
A Patmos, le chef-lieu de l'île, plusieurs maisons et églises
témoignent encore d'un passé prospère. La petite ville est dominée par
le couvent Saint-Jean (Ioannou Théologou), l'édifice le plus
spectaculaire de l'île, et l'un des monastères orthodoxes les plus
riches et les plus beaux de Grèce. Il fut fondé en 1088 et agrandi
aux XVe et XVIe siècles. Sa puissante enceinte renferme
d'inestimables trésors: les murs des églises sont recouverts
d'innombrables fresques et icônes (on remarquera surtout dans
l'église principale une icône de la Vierge du XIe siècle et
l'iconostase de la chapelle de la Panaghia, qui date de 1607). La
salle du trésor contient entre autres la tiare de l'empereur
byzantin Alexis Comnène, qui date du XIe siècle.
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La bibliothèque
conserve une importante collection de manuscrits anciens, parmi
lesquels un Evangile de saint Marc du IVe siècle, un fragment du
livre de Job datant du VIIIe siècle et enfin l'acte par lequel
l'empereur Alexis fit donation de l'île au moine Christodule en
1088. Le couvent conserve également les reliques de Christodule. Le
village de Patmos possède encore d'autres églises dignes d'intérêt
telles que Haghios Dimitrios (XIIe siècle), Zoodochos Pighi (1607),
Haghia tou Haghiou et Evanghélismos, aujourd'hui un orphelinat. Elles
renferment toutes de très belles icônes. En contrebas du village, la
grotte où saint Jean aurait eu ses visions d'apocalypse est précédée
par une petite église construite au XVIIe siècle. La plus belle plage
des environs de Patmos est celle de Kipsos.
Bien qu'il ait connu au cours des récentes années un développement
rapide, le port de l'île, Skala, reste très pittoresque avec ses
ruelles étroites interdites à la circulation et grâce à sa situation
au pied d'une colline escarpée. Dans le village se dresse une statue
de Protergatis Xanthos Emmanial, le chef de l'insurrection de 1821
contre les Turcs. Skala est le point de départ de nombreuses lignes
d'autobus et de bateaux (les horaires sont affichés au guichet du
port). Les environs possèdent deux plages et offrent des possibilités
de camping. Près du mont Kastelli voisin ont été mis au jour des
restes de murs antiques et d'une acropole.
Grikos, au sud de l'île, non loin de Patmos, est l'endroit préféré des baigneurs: mise à part sa plage principale, très fréquentée, on trouve aux alentours plusieurs plages solitaires, comme celle de Sapsila. A l'extrême sud, près de Stavros, un hameau composé de quelques fermes éparses, se dresse le rocher de Kalikatsou, dont les grottes artificielles hébergèrent au XIe siècle des moines parmi lesquels sans doute Christodule, le fondateur du couvent Saint-Jean. On peut se baigner à proximité immédiate, au sud, ainsi qu'à Elia, 3 km plus loin.
Kambos, au nord de l'île, est le centre agricole de Patmos. En contrebas du village s'étend une belle plage de sable. Les autres plages de la région se trouvent à Vaghia, à Livadi et surtout à Lambi. On peut faire de belles promenades depuis le village de Lefkés.