Samedi 10 avril 1999: France - Grèce
Côté Minh & Co:
14h45: partis de Roanne à la bourre... Les monstres qui
courrent dans tous les sens, ma paire de bottes retrouvée in
extremis, ma montre toujours à l'heure d'hiver! Eric un peu
anxieux!
Roanne-Satolas: 1h30. Le film "Taxi", c'est rien à
coté.
18h00: l'avion décolle pour Milan avec 1/2h de retard. Vue superbe
sur les Alpes.
19h30: arrivée Milan. On "speede" pour un avion prévu
au décollage à 20h00.
Le décollage est finalement
prévu à 21h00. On retrouve Papy, casaque rouge et
bronzage de compétition. C'est pas pour rien qu'il est
co-skipper !
21h08: décollage pour Athènes.
23h10: arrivée Athènes. Le Papy n'a pas ses bagages:
ils sont partis directement pour Rhodes. On retrouve Grand, Valerie,
dotés de cierges mais sans bagages! Les leurs sont à
Milan et arrivent dans la nuit.
Côté Grand et Valérie:
10h50: rencart avec Valérie à Roissy. L'avion
a un peu de retard au décollage.
11h45: nous décollons enfin. Vue superbe sur les Alpes. Le
pilote fait un passage en virage pour nous montrer le Mont-Blanc avant
de plonger dans la plaine du Po embrumée.
14h00: étape rapide à Milan. Nous espérons que nos
bagages suivront.
18h00: bref survol du centre-ville d'Athènes avant
l'atterrissage. Des maisons blanches partout.
18h30: le tapis roulant vient de s'arrêter. Nos bagages
sont en vadrouille à Milan. Nous partons pour l'hotel Galaxy
après avoir déposé une réclamation. Le
chauffeur de taxi, profitant de notre ignorance, nous réclame
3000 drachmes.
19h00: en route pour le centre-ville en bus. Le chauffeur nous
emmène sans ticket. Nous voyons enfin l'Acropole de près. Des
pétards et des fusées explosent partout car ce soir est la Pâques
orthodoxe. Nous montons sur la colline des Muses pour avoir une vue
d'ensemble. La pluie menaçante semble attendre.
20h30: la faim commence à se
faire sentir. Nous redescendons vers Plaka et ses restaurants.
22h00: une moussaka et une grillade d'agneau plus tard, ça va
mieux.
23h00: après une visite au hasard des rues, nous
nous glissons au
milieu de la foule qui va assister à la messe de minuit
pascale dans une petite église. Les popes dans leurs habits de fêtes officient avec des
voix graves et monotones. Peu avant minuit, ils ressortent vers une
estrade extérieure pour entonner le chant: "Christ est
ressucité".
A ce moment là un premier cierge s'allume, puis un second. La
lumière se répand doucement dans l'assistance. Les gens
s'embrassent, les cloches sonnent.
0h30: Nous rentrons à l'hotel en taxi après un petit tour
au hasard des rues et des églises.
Dimanche 11 avril 1999: Athènes - Rhodes - Symi
Minh: "La nuit a été courte et bruyante. Les
chambres et surtout la salle de bain sont crades. Notre douche est
bouchée!"
7h30: petit déjeuner express sauf pour Gaël qui
traîne au lit.
8h00: 3 taxis direction l'aéroport. L'équipage est au
complet. Papy retrouvera-t-il ses bagages à Rhodes ?
9h10: vol sans histoire au dessus des Cyclades. Arrivée sous la
pluie.
10h30: arrivée des taxis au port. Georges le loueur nous attend. Grandes
retrouvailles
et embrassades. Courses et échanges de cadeaux. Le bateau
semble en ordre.
12h00: repas d'agneau arrosé de bière. Premier test de
Retsina. Diamantis est fermé...
14h50: on se prepare... Le but de ce soir est Symi (cap au 295 pour
passer le cap Karaburan). Vérification des instruments. Le
sondeur et le loch ne marchent pas. Derniers rangements dans le
carré. On sort les cirés.
Météo: 25N d'est, petite pluie.
15h15: on part. Arrondi de l'épi de la jetée et cap au
300 pour ne pas empanner. Mer calme. Le temps est toujours couvert
depuis ce matin.
18h00: à mi-chemin entre Symi et Karaburan. Le soleil fait une
timide apparition avant de se cacher dans la grisaille.Il est temps de
faire une pause pour le gouter. Minh teste les premiers yaourts au miel.
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19h15: à quai, mouillé devant sur le
côté nord du port de Symi. Mouillage à
vérifier, affaire à suivre...
Steph: "l'accueil semble charmant,
bien que caractérisé par des trombes
d'eau. Déluge. La clémence des lieux n'est que
relative. Nous reprenons à trois fois la manoeuvre pour enfin,
après deux trop longs et un trop court, réaliser une
manoeuvre un peu "digne" et disposer d'un repos
mérité."
20h15: diner à la Taverna "O Meraklis". Prix spécial
pour la salade d'aubergines.
Décrite dans le guide Hachette: "Cachée
derrière la banque, la plus proche des tavernes traditionnelles
pour les amateurs d'une bonne cuisine familiale. Plats de
légumes savoureux, poisson frais et autres classiques sont
servis avec le sourire. Bon marché."
Petite balade sur le port après le dîner.
Lundi 12 avril 1999: Symi - Tilos
Cette nuit, quelques orages. Le soleil est de retour ce matin. Super
!
Quelques matinaux sont déjà allés faire un tour sur le quai pour des
photos.
9h45: on vient nous annoncer que notre place est celle du ferry. Il
faut nous déplacer avant 10h.
Pas de problème. Hier on a eu le temps de répéter la manoeuvre
plusieurs fois...
Un petit coup de moteur, on remonte le mouillage et on va le re-mouiller
plus loin si possible dans l'axe.
10h30: Petit déjeuner sur le
pont puis visite de Gialós, le quartier du
port et achats de souvenirs. Gael et Marie font la tournée des
boutiques et ramènent moult merveilles.
Les plus courageux montent à Chorió, la ville haute. Petites rues
étroites, maisons à frontons, une ville plus secrète se cache là.
Prévision météo: Pas de coup de vent. ouest sud-ouest 5
à 6 moderé. Pas de changement dans les 12 prochaines
heures.
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![]() 12h45: départ. |
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Le ferry voisin (arrivé
finalement à 11h) a mouillé son ancre sur la
nôtre. Petite manoeuvre pour traîner notre ancre vers le
fond du port et on repart direction Nisyros par le passage à
terre de Nimos.
13h26: Nimos, eau turquoise.
13h45: Steph: "arrêt
moteur. Envoyons grand-voile et génois (surface max). Route
ouest en tirant des bords vers Tilos ou Nisyros ? Le dilemne sera
résolu plus tard. Le période ne se prête pas
à la réflexion mais à l'apéritif festif
autour des pistaches locales, de mortadelle italienne, de bière
hollandaise et de bonne humeur franchouillarde. Carpe diem"
17h10: le vent a été ouest tout
l'après-midi. Notre bord tribord amures nous amène
à Tilos... Nous visons donc Tilos!
17h30: le vent refuse sur le bord
babord amures. Ça tourne au nord-ouest. Le cap direct sur Tilos est
bientôt possible.
19h15: on rentre dans Livadia Bay. Enroulons grand-voile et
génois.
19h30: cul à quai à Livadia. Bord à bord avec
cinq autres bateaux loués. Accents teutons à n'en pas
douter. Arrivée tardive et supplémentaire de 4 autres
bateaux dont un nouveau voisin à babord qui se
révèle être italien. Il y en a un qui tombe
à l'eau pendant la manoeuvre.
Minh: "dîner dans le resto local du milieu du village
(plutôt des locaux comme clients). Sur la plage, l'autre resto
n'a plus rien à manger. Test comparatif des vins blancs
locaux. L'un rappelle à Papy le Johnson-Sol, l'autre à
Valerie les loukoums. Chacun ses références."
Mardi 13 avril 1999: Tilos - Kalymnos
9h15: lever. Temps nuageux avec passages ensoleillés.
Vent toujours à l'ouest nord-ouest. Petit déjeuner sur le pont
avec Joe Jackson et Suzan Vega.
Météo: Pas d'avis de coup de vent. Ouest sud-ouest 5
à 6 modéré localement.
Nono: "Après une demi-heure de savants calculs et un vote de
l'équipage (option courte nav ou longue nav), on decide de
faire comme hier: c'est le vent qui nous portera où il
veut.
Avant de partir, café grec sur la terrasse, tentative de
réparation des instruments (loch/sondeur), cueillette de
coquelicots.
11h55: départ sous le soleil aux accents de Alpha Blondy. Un
caïque en profite pour prendre notre place.
12h05: Steph: "arrêt moteur, hissons grand-voile et
génois, vent arrière, voiles en ciseau.
Nous avons fait le plein de yoghourt "Total, number one in the whole
world over Greece" (10 unités). Le carré se colore d'une
situation à laquelle l'appel de la graille n'est sans doute pas
étranger.
Gael, calé à la table à carte, compte et recompte
ses sous qui deviennent suspects au fur et à mesure de ses
observations d'épicier métèque et simiesque. Marie lit
et s'étiole sur le pont, arnachée comme un cheval turc
en guerre contre les grecs. Gael, alias Picsou, a
détecté un billet dont la taille semble bizarre à
2 millimètres près. On s'en fout...
Passons l'ile de Gaidhalos puis tirons un bord de près, cap au
nord-ouest, route parallèle à la cote de Tilos.
Plutôt calme à l'abri de la terre. Surventes
passagères. Décision confortable: manger à plat
(ceci vaut toujours mieux que moisir à plat depuis
Desproges).
12h45: Minh: "Après une longue étape d'au moins deux
miles et demi, on jette l'ancre dans une petite crique pour s'occuper
sérieusement des tatzikis, salades et bières
prévus au menu. Quelle croisière
épuisante!"
Steph: "-Vivre fatigué-, titre à point nommé
d'un des livres, d'une des nouvelles, du bord (J.L. Izzo). Nous le
vérifions tout le temps que le soleil court. La nuit, nous
dormons du sommeil du juste."
13h40: après un bon café, il est temps de
repartir.
15h38: on tire un cap au 290 (près serré).
On est sous les falaises de Nisyros.
Objectif: passer au vent de Nisyros.
15h40: on tire un petit contre-bord tribord amures pour se dégager un peu de
Nisyros, puis on vire pour longer la côte Ouest.
17h14: au vent de Nisyros. Avons paré le 0,9 sur notre
route. Cap pour passer au vent de Kos (tombée ouest). Nous
apercevons rapidement Mandraki, le chef-lieu de Nisyros.
18h20: travers Kritikos (pointe sud-ouest de Kos). Nous longeons les
belles falaises éclairées par le soleil couchant.
19h05: travers St Joannis - Moteur.
La nuit tombe, les premiers
feux s'allument. Kos s'éloigne, Kalymnos se profile en ombre
chinoise. Nous entrons à tâtons dans le port encombré de Pothia. Les
lampadaires des quais nous montrent que la place est assez rare.
21h30: à quai à Pothia sur Kalymnos. Contraste brutal
entre le calme de la mer et l'agitation de la ville. Le passant à qui
nous lançons notre amarre ne sait visiblement pas quoi en faire...
Tournée d'apéro au bistrot d'en face et retour au bateau.
Un petit tour en ville nous permet de constater que Pothia est assez étendue.
Mercredi 14 avril 1999: Pothia - Vathi
Beau temps et petit vent de
sud. L'agitation du port ne nous a pas empêché de dormir...
8h30: Une partie de l'équipage levé. Café grec et
jus d'orange au café en terrasse puis visite de la ville.
Eric et Papy ont testé les Girospitas locaux: "Très bons". On
peut leur faire confiance.
Nous montons à travers les ruelles
au monastère qui domine la
ville. Les femmes ne peuvent entrer que si elles sont en jupe et
manches longues... Nous accédons malgré tout à la terrasse d'où la vue
couvre la ville et ses environs.
Au retour, achat de cartes postales et courses.
Météo: sud-ouest 6 à 7 tournant ouest 5
modéré.
12h00: Minh: "Il va falloir faire de l'eau. La manip va être
scabreuse sur un coin de quai encombré."
Nono: "Finalement la manoeuvre se
passe très bien (Le gars nous fait de la place et nous prête un
mouillage). On repart avec le plein d'eau, un stock d'aubergines, de
concombres et de yaourts (satzikis en perspective). Très bonnes
brioches au sésame, graines d'anis et de pavot en face."
13h00: "Départ pour Vathi. On fuit le stress de la capitale
(scooters, klaxons dans tous les coins, magasins en tout genre mais
avec une belle unanimité dans le style kitsch-roccoco."
13h15: Steph: "Envoyons grand-voile + génois et abattons
vers l'est vers Pserimos. Arrêt moteur. Aucun regret, si ce n'est
celui de laisser derrière nous beaucoup de sourires, de quitter le
port urbain emprunt des facéties d'une civilisation qui nous
fait pourtant vivre, bien que des fois...
Papy, Anne, Gael et Stéphane sont descendus du monastère dans la
camionnette d'un pope venu célébrer la messe à la soeur
abbesse et à ses ouailles. Le pope nous a appris avec passion et en
français - il a séjourné 30 ans en Belgique - les
divergences entre les églises chrétiennes. Il connaît
son affaire. 40 paroisses dont la sienne sur l'ile. Mais les
responsables à Rome et Constantinople, dit-il, se font des
bouffes-séminaires dans lesquels ils s'éclatent les
foi(e)s. Au moins une approche commune. Pour en finir avec les
orthodoxes, leurs églises pas vraiment dans le style roman et
dépouillé, ressemblent maintenant au rayon blanc des
Galeries Lafayette au moment des soldes. La résurrection d'un
mec, la lessive de son linceul transpireux doivent y être pour quelque
chose."
14h15: Nono: "Nous arrivons à
Vathi, au fond d'un joli fjord bordé de falaises à pic. On en
est à la deuxième tentative d'amarrage: on est le seul bateau de plaisance
du port, alors on peut faire les difficiles. Un type prend, euh
arrache l'aussière des mains du Grand... Après plusieurs essais
(l'endroit est plus agité qu'on ne le croyait, une petite houle
résiduelle pénètre dans la baie), on s'installe pour
déjeuner..."
15h00: après un léger choc à l'arrière, le déjeuner est
interrompu
pour une nouvelle manoeuvre, définitive cette fois. Pendant le repas,
des allemands s'installent au bout du quai après une manoeuvre propre
et nette. Peu après, la baignade est de rigueur.
16h00: café grec à la taverne.
17h00: nous partons en promenade.
20h00: Steph: "Nous en rentrons après avoir cheminé tant dans le
fond de la vallée, planté d'agrumes en fleurs et de
tomates, que du promontoire du bord de mer. Les routes sont
étroites et les chauffeurs-chauffard d'engins
hétéroclites au nombre de roues varié et aux
chargements divers semblent d'une témérité sans
borne."
"Puis la route de Pothia, nouvellement
recalibrée, nous emmène, au prix d'efforts très raisonables,
sur le sommet de la falaise. Le spectacle fait taire même le râleur de
service ("quand est-ce qu'on arrive" ?). Alias ?"
"Vraiment fabuleux. Au loin, vers l'est, les côtes turques un peu
beaucoup marquées par l'alignement fréquent de club Med
locaux. Plus près de nous, Pserimos et surtout Plati avec sa petite
chapelle très blanche au toit bleu."
"Tout cela exacerbé par les tonalités colorées du
couchant. La palette porte à l'infini, dans toutes les dimensions
palpables".
"D'aucuns s'adonnent aux plaisirs du cerf-volant dirigeable (sur celui
du Grand). Avec plus ou moins de bonheur. Puis descente rapide au
bateau par les raccourcis."

Soirée: Steph: "Partis pour prendre l'apéro au bistrot/taverne/yacht-club qui domine la cale, nous y jettons l'ancre et dévolu pour le dîner. Notre décision ne fait pas l'unanimité dans le staff et les plats, élaborés à la demande, tardent et se font désirer avec malice. Lambshop, octopus with onions and red wine, calamari fritti with french potatoes home-made, tout est quasiment inédit au moins dans la manière de faire et les saveurs "méditerrannéennes" (octopus "BBQ like"). Yakut local, fruité, goût de muscat et léger Retsina honorable nous font d'abord patienter puis accompagnent le repas.
Tout se passe de mieux en mieux. Nous sommes en fait les premiers
clients de la saison sans le savoir. Notre hôte - grec mais tirant sur
le serbe - attribue une importance démesurée à notre
visite: d'elle dépendra la suite de ses affaires pour la
saison. Nous offrons au tavernier quelques cigares contre ses
bouteilles.
Nous rentrons à bord fort tard, non sans bouteilles à demi ou carrément pleines et non sans avoir longuement évoqué la situation géopolitique de la vieille Europe par ce grec éduqué à l'école montréalaise et aux jugements définitifs (allemands et musulmans hégémoniques)."
Jeudi 15 avril 1999: Kalymnos - Patmos
8h00: Steph: "réveil en douceur. Nous
quittons notre poste au fond de Vathi par les voies naturelles sans
coup de pouce de la risée Yanmar, ni du moteur, ni du guindeau.
8h30: un pêcheur de poulpe prospecte le long de la falaise. Penché à
l'avant du bateau pour viser les profondeurs grâce à un tube, il
commande son moteur avec une ficelle.
10h15: vent nord-est force 2. Tirons des bords vers le nord en longeant les
côtes de Kalymnos. Destination: Leros ou Patmos.
Bach prend le relais de Mozart pour le plus grand bien de nos oreilles
ignares. Grand essaie de nous initier aux secrets passionnants de la
vie d'un orchestre symphonique.
Lecture, sieste et démelage de cerf-volant. Cette croisière est de
plus en plus sportive. On a le temps de bien admirer les pentes de la
belle Kalymnos.
14h10:"après ces agapes et quelques baignades pour les plus courageux
(+ une tentative du Grand pour nous propulser au cerf-volant (ce
matin, c'était la navigation au seau: la panne de moteur stimule la
créativité de l'équipage), Minh ordonne la remise en route de la
bourrique (sous peine de passer une troisième nuit à Kalymnos). L'ambiance
jazzy va s'en trouver très affectée, mais les tavernes futures nous
attendent: seront-nous à nouveau les premiers clients à Leros, Lipsos,
Patmos??"
15h00: le passage à terre de l'ilôt de Piganoussa nous permet
d'approcher un peu du port de Pantéli au pied d'un impressionant
Kastro. L'îlot suivant avec son phare ne figure pas sur les cartes.
16h10: nord de Leros. Passage entre les ilôts entre Leros et
Lipsos. L'option d'aller à Patmos est prise.
Une petite simulation nous donne: jeudi soir: Patmos, vendredi: visite
de Patmos, vendredi soir: départ pour Symi ou Chalki, samedi soir:
nuit à Symi ou Chalki, dimanche midi: Rhodes.
17h00: navigation au pilote automatique avec un cap au sud de Patmos
pour éviter un danger isolé.
18h50: Nono: "Arrivée à Patmos, au port de Skala, qui nous semble
beaucoup moins turbulent et atteint par la civilisation que Pothia,
cependant que flotte dans le carré un délicieux fumet de sauce tomate:
le gratin d'aubergines est en bonne voie."
Steph: "A quai. Rien à voir avec le quai des soupirs, c'est plutôt celui
des 2 temps pétaradants"
Durant la manoeuvre d'accostage, le propriétaire du bateau voisin
australien a été sans doute vexé qu'on refuse de lui envoyer notre
amarre. Il faut dire que notre aventure de Pothia nous a rendu
méfiants pour ce qui concerne l'aide des passants.
Un peu plus tard, un local vient nous montrer un poulpe planqué sur le
fond à 10m du bateau.
19h30: apéro sur le pont puis nous passons à l'attaque du gratin d'aubergines.
Après le repas, un petit tour dans le port pour nous dégourdir les
jambes et repérer les magasins de souvenirs.
Vendredi 16 avril 1999: visite de Patmos
Sur le pont ce matin, le vent est au sud, vaguement est. Le soleil brille.
Les points de vue changent au fur et à mesure que nous prenons un peu
d'altitude. Il y a beaucoup de jardins et de verdure. Sur le chemin,
la grotte de l'Apocalypse avec son monastère ne nous retient pas. Nous
arrivons bientôt au sommet, à Chora, véritable labyrinthe de
ruelles étroites avec ses boutiques à touristes. L'objet de notre
visite est le monastère fortifié de Saint
Jean (Ioannou Théologou). Sa haute porte nous accueille. A
l'intérieur, un dédale de passages voutés, de cours claires, de portes
basses.
Nous errons un peu au hasard des couloirs et des escaliers avant de
rendre visite au trésor qui accumule les objets de culte richement
décorés: tiares, calices, joyaux et vieux manuscrits.
12h30: un petit tour au hasard des rues à la recherche d'un restaurant et
nous finissons par trouver une terrasse sympatique. Menu traditionnel:
salade grecque, tadzikis, poulpes et poissons grillés avec bière et
Retsina.
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Nous redescendons doucement vers Skala pour y prendre un café
grec. Un peu de quartier libre permet à chacun de vaquer à ses
occupations: écriture de cartes postales, chasse au souvenir, achats
de produits locaux.
18h00: Steph: "le bateau est en tenue de soirée, fin prêt pour la
navigation qui annonce le "come back", un gout de revenez-y. Une
journée terrestre qui prend fin: terrestre, oui, dans tous les
sens du terme y compris nourriture mais aussi spirituelle avec la
visite du monastère Saint Jean, son musée de pacotilles diverses
typées Samaritaine ou BHV; pas vraiment simples les popes...
Journée douches, plein d'eau douce à quai, SVP, par citerne
spécialement dédiée: prix forfaitaire de 2000 drachmes + petit
pourliche."
19h00: départ pour une tournée de Gyrospitas sur le port.
20h11: après une double tournée de Gyrospitas sur le port, départ
direction le sud (Kalki ou Symi selon le vent).
Météo: 5 à 6 de sud-est, 7 localement. Pour l'instant: pétole. Départ
moteur.
21h30: feu de Saraki, 2 éclats 8 secondes, par le travers babord.
Point GPS + point compas relèvement porté sur la carte (identique
!)
Organisation des quarts:
- 22h00 - 0h30: Valérie et le Grand
- 0h30 - 3h00: Anne et Steph
- 3h00 - 5h30: Papy et Eric
- 5h30 - 8h00: Nono et Minh
Consignes: réveiller Minh à 2h00, faire et marquer un point toutes les
heures, remplir le livre de bord.
22h05: 37° 09" N - 26° 39" E - Steph: "Dans la nuit, la risée
Yanmar nous transporte vers le sud, toujours plus au sud. Une partie
de l'équipage vogue avec Morphée. Cioran disait quelque chose du
genre: on apprend plus en une nuit blanche qu'en un an de sommeil.
D'aucuns pensent que les chants désespérés sont toujours les plus
beaux. Pour l'heure, nous labourons cette mer méditerranée que le
bateau signe d'un sillage luminescent et labile. Plus de traces. La
nuit est douce, se suffit et contente nos vies, petites."
23h06: 37° 03" N - 26° 40.6" E - jauge gasoil: 2/3 partie verte.
Samedi 17 avril 1999: Patmos - Symi
0h00: 36° 58" N - 26° 41" E - vent apparent: 20 noeuds un peu à
babord.
18h30: Moteur. Après d'interminables bords, nous touchons au but.
19h14: A quai. Essayons de trouver une solution durable au sens du
repas. Un amarrage nous permettrait de manger dehors, quitte à partir
ensuite au mouillage pendant la nuit.
Mouillage et aussière à terre sur l'avant.Dimanche 18 avril 1999: Symi - Rhodes
Météo: Pas d'avis de coup de
vent. Vent sud sud-est 6 localement 7 tournant sud sud-ouest 6
modéré. Tendance ultérieure: fort ouest à nord-ouest.
7h00: Lever général. Départ prévu à 9h.
9h10: Nono: "on n'a plus d'ancre; chacun est à son poste pour
larguer les aussières en beauté (c'est pas tout ça mais il y a du
monde pour nous regarder partir).
Le soleil semble vouloir nous accompagner pour la dernière
traversée. Malgré tout, tout le monde a mis ses bottes, on se demande
pourquoi."
15h15: "Le scribe habituel n'a rien eu à raconter !
C'est dire que
ce retour Symi-Rhodes a été sans histoires, avec de multiples bords à
tirer dans un vent de 20 à 30 noeuds d'est, une mer plutôt calme et un grand
soleil pour parfaire le bronzage.
Georges nous attend sur le quai et se montre compréhensif pour le
retard. Tout le monde en piste pour le rangement.
Une petite citation avant de conclure: "Heureux l'homme à qui il a été
donné, avant de mourir, de naviguer en mer Egéenne. Nombreuses sont
les joies de ce monde, les femmes, les fruits, les idées. Mais fendre
cette mer-là, par un tendre automne, en murmurant le nom de chaque
île, je crois qu'il n'est pas de joie qui davantage, plonge le coeur
de l'homme dans le Paradis". (Nikos Kazantzakis - Zorba le
Grec)."
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18h30: balade apéritive dans la vieille ville sous le regard invitant
des tenanciers de tavernes puis dîner dans un petit resto grec
typique: "Chez Iannis" à Koskinou (voir plan), à une dizaine de
kilomètres du port. Le trajet s'effectue dans la bétaillère de
Georges.
![]() Nono: "souvenir du restaurant "chez Iannis" qui fut l'apothéose gastronomique de notre séjour. Impossible de détailler la nuée d'assiettes qui s'est abattue sur notre table et difficile aussi de classer toutes ces bonnes choses.
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Lundi 19 avril 1999: Rhodes - France
Nono: "Grand soleil sur les moulins et au dessus de nos têtes. On
apporte la dernière touche au nettoyage final. L'échelle se précipite
encore deux fois à l'eau, dont une fois chargée d'un Papy et de deux
sacs. Les rescapés du naufrage pourront témoigner de la malignité de
cet engin que le propriétaire regarde en fronçant les sourcils
lorsqu'il arrive pour l'inventaire: comme il ne dit rien par la suite,
c'est qu'il la connait bien.
Dernier café en terrasse, Georges nous leste d'un cadeau redoutable
avant de partir: un gateau sirupeux et chocolaté dont on ne viendra
sûrement pas à bout, même en s'y mettant tous.