Jeudi 15 juillet 1999: Hattarvík - Runavík
Lever un peu à la bourre à 7h50. Le bateau passe
à 9h Nous ne voulons pas rester sur cette île
explorée à fond hier. Rapatriement sur la jetée
du port avec armes et bagages et séance de pêche pour
passer le temps.
Un phoque vient tourner près du bord mais se planque quand il s'agit de faire des photos. Des macareux pêchent également dans le coin. Sur la falaise qui nous domine, des guillemots à miroir nichent. Nous réussissons à sortir trois poissons qui sont vidés sur le champs par la main experte de Youx.
A 9h15, toujours pas de bateau. Nous commençons à
faire des projets de virée dans les coins inexplorés de
l'île quand le gardien de phare d'hier fait son apparition et
nous explique que le bateau arrive. En effet, quelques instants
après, la silhouette familière du
"Másin" surgit. Comme il y a un peu de houle, le
bateau ne s'approche pas trop du bord et il faut profiter d'une vague
pour embarquer. Nous sommes les seuls passagers à part le
gardien. Sur le chemin du retour, nouveaux arrêts à
Kirkja et Svínoy.
Le contrôleur nous demande où nous allons et comme nous lui indiquons Klaksvík, il nous signale qu'il va demander la correspondance du bus par radio. La pluie et le mauvais temps recommencent peu avant d'arriver. A 11h30 nous sommes à Hvannasund où le bus 500 nous attend pour nous ramener à Klaksvík.
Nous commençons déjà à
prévoir un enchaînement de ferry vers Kalsoy avec un
battement un peu limite mais un stupide incident vient perturber nos
prévisions. Dans le dernier tunnel à voie unique, une
voiture s'obstine à vouloir le passage et refuse de reculer
devant le bus. Quelques échanges en féroïen de paroles
aimables. Le chauffeur de la voiture cède au bout de dix
minutes et recule. Mais quand nous arrivons enfin au port, le ferry
pour Kalsoy est parti depuis vingt minutes. De toute façon,
c'était un peu juste. Par contre l'incompréhension
continue car le chauffeur de notre bus a lui aussi demandé la
correspondance par radio avec le ferry pour Leirvík. Il parait
un peu surpris quand nous partons à pied vers la ville alors
que le ferry attendait notre embarquement pour partir.
Comme on n'a plus tellement d'idées de ferry et de bus, on cherche un endroit où prendre un café et écrire quelques cartes postales. Nous sommes dans la seconde ville de l'archipel mais malgré tout, trouver un endroit similaire relève de l'exploit. Nous aboutissons dans une salle à manger d'hôtel et passons là deux heures à faire notre correspondance et à compulser les horaires.
Youx propose ensuite une séance de piscine qui est votée
à l'unanimité. Le stockage des sacs à dos
à la caisse ne semble pas poser de problèmes
particuliers. Une séance de décrassage, quelques
longueurs de piscine (deux) pour Youx et en prime un petit tour au
sauna.
Nous sortons de l'endroit un peu plus propres et partons faire quelques courses alimentaires. A 19h, nous sommes de retour au port pour attraper le ferry de Leirvík. Nous tombons sur Oliver et Elsa, nos convoyeurs de l'autre jour, à l'entrée du bateau et également sur la danoise habituelle qui rentre justement de la virée à Kalsoy que nous avons manquée. Elle retourne à Leirvík alors que nous poursuivons en bus vers Runavík.
Le temps ne s'améliore pas. Un tunnel nous mène à Søldarfjørður où nous changeons de bus. Le chauffeur nous indique l'emplacement du terrain de camping, une sorte de parking sans gazon à coté du gymnase municipal. Nous plantons la tente dans l'herbe en contrebas et dînons dans la cabane minuscule qui abrite un évier et des toilettes. A 22h, comme la pluie s'est arrêtée et qu'il fait jour encore un certain temps, nous envisageons immédiatement une randonnée pour faire le tour de la pointe sud de l'île.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Tout d'abord, la route jusqu'à Aeðuvík au milieu de zones plus ou moins marécageuses. Une éolienne géante mugit à proximité. Ensuite une vague trace qui longe le pied de la falaise à flanc sur un terrain de plus en plus incliné. En face de nous, Nólsoy et au fond la capitale Tórshavn où nous serons demain si tout va bien. Nous passons la pointe sud en suivant des traces de moutons. Le retour se fait par le coté ouest en évitant les failles qui coupent le terrain et les moutons un peu paniqués à cette heure tardive.
Nous traversons Nes, puis Toftir qui possède une belle église moderne et enfin rejoignons la tente à 1h15 après une dernière traversée de tourbière hors sentier dans l'obscurité et les barbelés. On met en place un fil à linge pour sécher les vêtements et dodo.